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Voter en son âme et conscience, dans le secret de l’isoloir…


Les premières élections municipales.
Selon la Déclaration des Droits de l’Homme tous les citoyens naissent libres et égaux en Droit. Mais en 1790 seuls les citoyens dits « actifs » peuvent voter. Les femmes, les mineurs (moins de 25 ans !), les pauvres, les domestiques… sont exclus de leurs droits civiques parce qu’ils « dépendent d’autrui »…
Ce dimanche 31 janvier 1790, 87 citoyens actifs sont réunis dans l’église paroissiale. On nomme un président et 3 scrutateurs. Chacun doit écrire le nom d’un candidat sur un papier… mais « Monsieur le Curé ayant fait remarquer que la plus grande partie des présents ne savent point écrire » propose que « ceux qui ne savent point écrire s’adresseront à l’un des trois scrutateurs qui écrira le nom qu’ils désigneront, en présence des deux autres scrutateurs ».
Les élus : Léonard Alexandre Soyer, vigneron, 63 ans, maire. Puis le curé Jean Barrière, Jean Léonard Guyard, Augustin Elie Aubry, Jean Baptiste Guyard et Jean Castel.

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Et le secret du vote ? On en est encore loin. Pendant longtemps, l’électeur rédige son bulletin, le plie, puis le remet au président qui le dépose dans l’urne. Cette pratique peut générer quelques abus….

Un maire du second empire

Augustin Visbet est un maire très contestable. Une enquête policière établit qu’il « rédige des procès verbaux contre les habitants qui ne sont pas connus comme appartenant à son parti » et fait bénéficier ses amis d’une indulgence coupable, qu’il « annule des procès verbaux moyennant une somme versée entre ses mains », qu’il «  emploie le garde champêtre à son service personnel », qu’il « salarie son adjoint comme bedeau, fossoyeur et sonneur de cloches », etc.
Néanmoins le préfet renonce à le suspendre.
Il est vrai que ce maire collabore efficacement avec le pouvoir impérial : ainsi, à l’issue d’élections législatives, il livre au préfet les noms et agissements (distribution de bulletins, arrachage d’affiches, « conférences de cabaret ») des « meneurs » qui ont fait campagne contre le candidat officiel (le gendre du dit préfet !), puis il conclut sa lettre : « Il nous a bien été facile de reconnaître les votes des électeurs par la différence du papier et de l’impression » !

Il ajoute « sur les 105 électeurs qui ont voté pour le candidat de l’opposition, on peut en compter 60 qui ont été entraînés par les socialistes dont je vous enverrai la liste à la fin du mois ».
Sans commentaire ! Mais il ne s’agit pas de fustiger ce malheureux maire, qui agissait comme bien d’autres de son temps, à l’incitation de l’administration bonapartiste. 
L’enveloppe banalisée et l’isoloir ne datent que de 1913.
Visbet finit par être contesté même par ses amis politiques. Ainsi ce courrier envoyé au préfet par un brave citoyen ulcéré : « On disait dans le pays que c’était dommage de ne pas voter pour votre gendre…souvenez vous M. le préfet qu’il n’y a eu à Montesson qu’une seule voix contre l’Empereur*.

Et bien, les habitants ne sont pas changés, sinon qu’ils sont contrariés (par Visbet), voilà tout.
Vous dire qu’on n’a jamais eu aucune idée républicaine. A Montesson du temps de la République, ça serait vous mentir.
Mais je défie que l’on trouve un pays dans le département plus « napoléoniste » que Montesson aujourd’hui » !    
                

*En1852, au plébiscite en faveur du rétablissement de l’Empire

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«  M’sieu l’maire, quoi c’est donc qu’un bibiscite ?
C’est un mot latin qui veut dire OUI ! » Caricature de Daumier

 

 

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